"Mois d'Août dans ce Paris vide comme un royaume de Princesse dormante, l'excessive chaleur,
l'ennui des journées torrides, la joue moite contre le plus beau livre qui lasse et endort, la douleur d'être seule en ces temps de moisson et de vacances, la douleur du souvenir et du désir, le
dernier assaut de l'amour qui décroît et revient comme une fièvre mauvaise. O convalescence impossible avant le terme, hachée de rechutes et de sanglots !
On croit vraiment ne pas pouvoir guérir, et il faut justement souffrir tout cela, traverser toutes ces phases de ce qui semble l'agonie, pour revenir dépouillé, ayant usé les fibres, les mailles
de l'enchantement, ayant rongé une à une les cordes qui liaient, pour renaître et respirer un jour sans souffrance, semblable et meilleur et plus sage, et peut-être même plus heureux que ce que
l'on était avant !
Mais alors, l'amour est mort ! Et si un trouble souvenir, une émotion s'éveille encore, à la vue de l'écriture ou à la vue même de l'être aimé, ce ne peut plus être que, sensuellement, la
tentation d'une habitude dont on expérimenta la douceur, la tentation perverse et malencontreuse du narcotique pour celui qui, libre d'agir, est complètement désintoxiqué.
Y céder compléterait sans doute la guérison, en supprimant le charme des souvenirs, en substituant la lassitude au regret".
Afin de faire connaissance avec l'auteure, vous pouvez lire quelques lignes, concernant sa biographie, en vous rendant à l'adresse suivante : http://www.telerama.fr/livre/mireille-havet-l-inconsolee,32048.php
Des extraits de son "Journal 1924-1927, C'était l'enfer et ses flammes et ses entailles" sont disponibles à l'adresse suivante : http://www.clairepaulhan.com/auteurs/mireille_havet4.html

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