Samedi 2 octobre 2010 6 02 /10 /Oct /2010 11:03

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"Lorsque je regarde le monde autour de moi, j'ai spontanément tendance à penser que ce que je vois fait partie d'une réalité qui m'est extérieure et qui par ailleurs n'a pas besoin que je l'observe pour exister. Certes, je sais que je n'accède pas en direct à cette réalité. La science m'a appris que l'image du monde que je contemple dépend des performances de mes organes sensoriels et de la façon dont mon cerveau organise les informations qu'il en reçoit. Tout handicap à ces niveaux se traduirait par une déformation des images du monde reçues. A l'inverse, si je disposais d'instruments d'observations scientifiques puissants, je verrais le monde avec plus de précision, peut-être même autrement. Mais la réalité que j'observe ne changerait pas pour autant. Seule serait modifiée l'image que s'en donne mon cerveau.


On sait que la mécanique quantique (physique quantique) a conduit à remettre en cause cette vision dite « réaliste ». Pour elle, s'il y a peut-être un réel sous-jacent à nos observations, il est impossible de le décrire d'une façon objective, c'est-à-dire ne tenant pas compte de l'observateur. Toute observation du réel, qu'elle soit empirique ou qu'elle soit scientifique, n'a de sens que pour un certain observateur, équipé d'un certain modèle de cerveau et utilisant certains types d'organes sensoriels et d'instruments. De plus, même compte tenu de ces limites, les observations ainsi faites ne donnent pas accès à un « réel en soi » mais à des descriptions probabilistes qui ne prennent de valeur relative, autrement dit pour moi, que si elles sont faites en grand nombre. Je constate certes qu'à grande échelle, les observations auxquelles je procède me donnent des images du monde suffisamment précises et constantes pour que je puisse agir avec un minimum de sécurité au sein du monde tel qu'il m'apparait. Mais en aucun cas, je ne peux me croire autorisé à m'appuyer sur ces représentations relatives pour postuler la présence d'une réalité qui, d'une part existerait indépendamment de moi et dont d'autre part je pourrais donner des représentations absolues ou objectives, valables pour tous et en tous temps".

 

 

La suite de cet article à l'adresse suivante : http://philoscience.over-blog.com/article-a-chaque-cerveau-sa-realite-57766676.html


Par Myrddhin - Publié dans : Sciences
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Mardi 28 septembre 2010 2 28 /09 /Sep /2010 12:42

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Formé à la biologie moléculaire et moine bouddhiste depuis plus de trente-cinq ans, Matthieu Ricard a énormément contribué au dialogue de plus en plus fécond entre scientifiques et pratiquants bouddhistes et il est fréquemment le sujet d’expériences scientifiques sur la méditation. Il explique ici certaines des découvertes qu’ont permises ces expériences et leurs implications pour l’avenir.

 

 


En 2000, une rencontre exceptionnelle eut lieu à Dharamsala, en Inde. Quelques-uns des meilleurs spécialistes des émotions, psychologues, chercheurs en neurosciences et philosophes passèrent une semaine entière à discuter avec le Dalaï-Lama dans l’intimité de sa résidence située sur les contreforts de l’Himalaya. C’était aussi la première fois que j’avais l’occasion de prendre part aux rencontres fascinantes organisées par l’Institut Mind and Life, qui fut fondé en 1987 par Francisco Varela, un chercheur renommé en neurosciences, et Adam Engle, un homme d’affaires américain. Le dialogue portait sur les émotions destructrices et sur la façon de les gérer.


Lors de cette rencontre, un matin, le Dalaï-Lama déclara : "Toutes ces discussions sont fort intéressantes, mais que pouvons-nous vraiment apporter à la société ?" À l’heure du déjeuner, les participants se réunirent pour discuter avec animation, débat qui déboucha sur la proposition de lancer un programme de recherche sur les effets à court et à long terme de l’entraînement de l’esprit, ce que l’on appelle généralement "méditation". L’après-midi, en présence du Dalaï-Lama, ce projet fut adopté avec enthousiasme. Ce fut le début d’un passionnant programme de recherche, celui des "neurosciences contemplatives".


Plusieurs études, auxquelles j’eus la chance de participer dès le départ, furent lancées dans les laboratoires du regretté Francisco Varela en France, de Richard Davidson et Antoine Lutz à Madison (Wisconsin), de Paul Ekman et Robert Levenson à San Francisco et Berkeley, de Jonathan Cohen et Brent Field à Princeton, de Stephen Kosslyn à Harvard et de Tania Singer à Zurich.


Après la phase d’exploration initiale, une vingtaine de méditants expérimentés furent soumis à des tests : moines et laïcs, hommes et femmes, Orientaux et Occidentaux, tous ayant effectué entre dix mille et cinquante mille heures de méditation consacrées au développement de la compassion, de l’altruisme, de l’attention et de la pleine conscience. Plusieurs articles publiés dans de prestigieuses revues scientifiques ponctuèrent ces travaux, conférant par là ses lettres de noblesse à la recherche sur la méditation et la gestion de l’équilibre émotionnel, domaine qui, jusqu’alors, n’avait guère été pris au sérieux. Pour reprendre les termes de Richard Davidson, "ces travaux semblent démontrer que le cerveau peut être entraîné et modifié physiquement d’une manière que peu de gens auraient imaginée". Par ailleurs, Stephen Kosslyn, directeur du département de psychologie à l’université Harvard et spécialiste mondial de l’imagerie mentale, déclarait lors de la rencontre de l’Institut Mind and Life organisée au MIT de Boston : "Nous devons faire preuve d’humilité devant la masse de données empiriques fournies par les contemplatifs bouddhistes".

 

 

Un bienfait global

Les méditants expérimentés ont la faculté d’engendrer des états mentaux précis, ciblés, puissants et durables. Des expériences ont démontré notamment que la zone du cerveau associée à des émotions comme la compassion, par exemple, présentait une activité considérablement plus grande chez les personnes qui avaient une longue expérience méditative. Ces découvertes indiquent que les qualités humaines peuvent être délibérément cultivées par un entraînement mental.


D'autres expériences scientifiques ont également montré qu'il n'était pas nécessaire d'être un méditant surentraîné pour bénéficier des effets de la méditation et que vingt minutes de pratique quotidienne contribuent significativement à la réduction de l'anxiété et du stress, de la tendance à la colère (dont les effets néfastes sur la santé sont bien établis) et des risques de rechute en cas de dépression grave. Huit semaines de méditation sur la pleine conscience (de type MBSR), à raison de trente minutes par jour, s’accompagnent d’un renforcement notable du système immunitaire et des facultés d’attention, ainsi que d’une diminution de la tension artérielle chez les sujets souffrant d’hypertension et d’une accélération de la guérison du psoriasis. En pratique, il n’est pas nécessaire de méditer pendant de longues durées mais il est indispensable de le faire régulièrement. Si le cerveau est sollicité régulièrement, une trentaine de jours environ suffisent pour voir apparaître une modification des fonctions neuronales. L’étude scientifique de l’influence des états mentaux sur la santé, autrefois considérée comme fantaisiste, est donc de plus en plus à l’ordre du jour.

 

 

Les applications pratiques de ces recherches

Sécularisées et validées scientifiquement, ces techniques de méditation pourraient, par exemple, être utilement intégrées dans la prise en charge thérapeutique des problèmes émotionnels chez l’adulte.


Ces récentes découvertes scientifiques ont changé notre perception de l’évolution du cerveau au cours de la vie. Les esprits commencent à être prêts à accepter que ce n’est pas de la fantaisie et que l’on touche au cœur des neurosciences et de la neurosplasticité, un domaine lui-même relativement nouveau. Parallèlement, les nouvelles techniques d’IRM et d’électroencéphalogrammes, de plus en plus puissantes et sophistiquées, conjuguées avec la participation de contemplatifs expérimentés, nous ont menés à un âge d’or des "neurosciences contemplatives". C’est passionnant et il y a encore tant à découvrir.

 

 

Source : http://www.buddhaline.net/spip.php?article1526

Par Myrddhin - Publié dans : Sciences
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Jeudi 23 septembre 2010 4 23 /09 /Sep /2010 14:01

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Avec Christophe André, Thierry Janssen, Guido Bondolfi et Matthieu Ricard, le Dimanche 26 Septembre de 9h à 17h15 à l'Hôtel Méridien Montparnasse, 19 rue du Commandant Mouchotte -75014 Paris

 

La pleine conscience (ou mindfulness) est un thème central de la philosophie bouddhiste. L’étude de la mindfulness et de ses effets a été au cœur des recherches scientifiques en neurosciences affectives ces dernières années. Il s’est avéré que la pratique de la mindfulness pouvait avoir des effets bénéfiques sur le système immunitaire, la gestion des émotions, le stress, l’anxiété et la dépression.

Depuis quelques années, cette pratique est connue et accessible en France par le biais de programmes tels que le MBSR (réduction du stress basée sur la pleine conscience et le MBCT (thérapie cognitive basée sur la pleine conscience).

Christophe André développera le lien entre la Pleine Conscience et la santé mentale (psychologie/psychiatrie), Thierry Janssen exposera le lien entre la Mindfulness et le corps (relation corps/esprit), Guido Bondolfi évoquera l'avancement des recherches en neurologie dans le domaine de la Pleine Conscience et enfin Matthieu Ricard abordera une vision spirituelle de ces pratiques.

Programme :

9h30

Introduction générale

9h45

Christophe André : pleine conscience et santé mentale

10h45

Questions / Réponses

11h

Pause

11h15

Thierry Janssen : la perspective du médecin, pleine conscience et santé du corps

12h15

Questions / Réponses

12h30

Pause déjeuner

14h

Guido Bondolfi: neurosciences et pleine conscience

15h

Questions / Réponses

15h15

Pause

15h30

Matthieu Ricard: pleine conscience, une perspective spirituelle: l'entraînement de l'esprit

16h30

Questions / Réponses

16h45

Synthèse de la journée avec les 4 intervenants

Par Myrddhin - Publié dans : Articles divers
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Samedi 18 septembre 2010 6 18 /09 /Sep /2010 18:31

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Malgré l'évolution de nos connaissances, les troubles mentaux restent en grande partie une énigme. Et la définition de l'individu "normal" ne progresse guère.

 

"Crétin", "débile", "imbécile", "idiot", "dément", "hystérique", "pervers"..., ces noms d'oiseaux utilisés à tort et à travers appartenaient, au XIXème siècle, au registre médical. Ils décrivaient des patients souffrant de symptômes très précisément décrits et répertoriés. Aujourd'hui, d'autres termes spécialisés se galvaudent en passant dans le domaine public : tel ministre bravant l'opinion publique est taxé d'"autiste", tel salarié se sentant au four et au moulin se décrit comme "schizo", celui qui prend la mouche se voit traité de "parano"... Pour les personnes réellement concernées, la stigmatisation est une réalité : oser se déclarer dyslexique, par exemple, est humiliant, tandis que s'avouer schizophrène provoque le vide autour de soi.

 

Des troubles aussi familiers que méconnus

C'est dire si les troubles mentaux s'avèrent aussi familiers que méconnus. Les spécialistes eux-mêmes, qu'ils soient psychiatres, psychologues ou psychanalystes, ne les abordent généralement qu'avec prudence, condamnés à remettre sans cesse en question leurs modèles explicatifs, leurs répertoires de diagnostics et leurs techniques de soins. 

Suivant l'époque, l'origine présumée du trouble et les théories en vigueur, on a pu en effet traiter la schizophrénie ou la dépression avec le déclenchement de convulsions par cure de Sakel (injections croissantes d'insuline), des électrochocs, des neuroleptiques et/ou avec des thérapies psychodynamiques ou humanistes fondées sur l'usage de la parole. Avec, dans tous les cas, des résultats discutés...

Par ailleurs, il n'est pas anodin de décréter un enfant hyperactif ou dépressif et de le placer sous psychotropes. Pas plus que d'essayer de détecter, dès ses 3 ans, une violence excessive. Indépendamment même de ses conséquences, un diagnostic ne va jamais de soi. Il existe en effet plusieurs classifications des troubles. Celles de l'Association américaine de psychiatrie (APA) et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) se fondent sur le repérage et le traitement de symptômes, sans présumer de leur origine. Approche médicale contestée par nombre de cliniciens français attachés à une approche psychopathologique pour qui le symptôme n'est que l'arbre qui cache la forêt. Et même en s'accordant sur une grille de lecture, plusieurs praticiens ne seront pas forcément d'accord sur un diagnostic. Pour couronner le tout, certains spécialistes sont tentés de parler non plus de "la" mais "des" dépressions, "des" schizophrénies...

 

En outre, tous les troubles ne sont pas universels : le "koro" (terreur brusque d'être tué par son organe génital pénétrant profondément son propre corps) n'est, par exemple, attesté que dans quelques pays asiatiques. D'autres semblent avoir disparu : où sont passées les hystériques, qui suscitaient tant de passion avec leurs décharges émotionnelles et leur théâtralité ? D'autres encore ne sont plus considérés comme tels. En 1851, une revue médicale, "preuves" scientifiques à l'appui, avança le concept de "drapétomanie", vocable amphigourique désignant une "manie de la liberté" poussant les esclaves noirs à essayer de s'enfuir...

Au XIXème siècle toujours, certains psychiatres décrivaient ainsi la frigidité comme une pathologie mentale à part entière. Et c'est en 1973 que l'homosexualité a cessé officiellement, pour l'Association de psychiatrie américaine, d'être tenue pour un trouble. En 2010, la France a été le premier pays à franchir le pas pour "dépathologiser" le transsexualisme, où la personne se sent appartenir au sexe opposé au point de se travestir, voire de recourir à la chirurgie. La pression de patients organisés, de même que l'évolution de la société en général, conduit donc à reconsidérer des diagnostics. Aux Etats-Unis, des autistes de haut niveau se réunissent pour être perçus désormais comme des personnes normales issues de la "neurodiversité", et non comme des patients.

D'autres débats sont récurrents : les "dys" (dyslexie, dyscalculie, dysorthographie...) sont régulièrement décriés, à tort ou à raison, comme des étiquetages niant des problèmes liés à l'éducation parentale ou à la pédagogie scolaire. La catégorie de "phobie sociale", forme extrême de timidité, est régulièrement dénoncée comme un faux problème permettant d'écouler de nouveaux traitements pharmacologiques.

 

Tous malades ?

Plusieurs enquêtes classiques ont produit des chiffres qui donnent le tournis : pour l'étude épidémiologique Midtown Manhattan de 1954, 81.5% des 1660 New-Yorkais pris en compte présentaient des symptômes. Un sur quatre était jugé profondément affecté. Trente ans plus tard, avec une méthode différente, la recherche Epidemiologic Catchment Area parvenait à des conclusions comparables. Bon nombre de sujets considérés comme malades n'étaient pas traités, faute de diagnostic, de demande de leur part, ou parce qu'ils arrivaient à vivre avec leurs symptômes.

Plus près de nous, selon une enquête publiée en 2010 (1), dont les sujets ont été plus précisément et plus régulièrement interrogés, près de 50% des jeunes Néo-Zélandais de 18 à 32 ans ont vécu un trouble anxieux, plus de 40% une dépression, près de 20% une dépendance au cannabis... Du moins, si l'on accepte les critères du DSM. Alors, tous fragiles ? Tous malades ? Un certain Sigmund Freud considérait déjà que la santé mentale et la psychopathologie n'étaient qu'un continuum. 

Prenant acte de cette complexité, chacun s'accorde aujourd'hui à estimer qu'un trouble mental est tributaire d'une histoire personnelle, d'influences biologiques, du regard de l'autre, du rapport à la norme sociale, selon une configuration unique... L'acquisition de nos connaissances en la matière ne peut donc se construire que dans le renoncement aux causes linéaires, et dans l'humilité.

 

Jean-François Marmion

 

(1) T. Moffitt et al., "How common are common mental disorders ? Evidence that lifetime prevalence rates are doubled by prospective versus retrospective ascertainment", Psychological Medecine, vol. XL, n°6, juin 2006.

 

Par Myrddhin - Publié dans : Psy
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Mercredi 21 avril 2010 3 21 /04 /Avr /2010 19:29

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"Qu'est-ce qu'un soin psychique ? Peut-on traiter la maladie mentale comme toute autre pathologie ? Pourquoi tant de grands malades échappent aux soins, au point de les retrouver massivement dans la rue ou en prison ? Jusqu'à fin mai, retrouvez dans sa version longue (67min) le documentaire de Philippe Borrel produit par Cinétévé en coproduction avec le Forum des Images, ainsi que l'intégralité des entretiens réalisés".

Documentaire à l'adresse suivante : http://www.mediapart.fr/content/un-monde-sans-fous-ou-les-derives-de-la-psychiatrie

 

Par Myrddhin - Publié dans : Psy
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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /Nov /2009 12:59


Rebelote. Un nouveau cancer. Petit.
En fait, pas si petit que ça : il y a des métastases dans les os, dans le poumon et dans le foie. 
Ce K2 surgit près de quatre ans après le premier cancer du sein qui m'a valu de tourner amazone puis d'être reconstruite.

Je vais essayer de raconter au jour le jour cette nouvelle expérience, en photos légendées, bien que je ne sois pas une bonne photographe.
 

Adresse du Blog : http://crabistouilles.blogs.liberation.fr/mda/

 

Par Myrddhin - Publié dans : Deuil, Accompagnement et Soins Palliatifs
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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /Nov /2009 12:47


"
L’homme n’en est pas encore au point où il peut se passer des gouvernements. Des anarchistes comme Kropotkine étaient contre le gouvernement, la loi ; il voulait les dissoudre. Moi aussi je suis un anarchiste, mais de manière totalement opposée à celle de Kropotkine.

Je veux élever la conscience des êtres humains à un tel niveau que le gouvernement en devienne une chose futile, où les tribunaux soient vides, où personne ne soit tué, violé, torturé ou surmené. Vous voyez la différence ? Kropotine fait porter l’accent sur la dissolution des gouvernements. Le mien est d’élever la conscience des êtres humains afin que le gouvernement devienne inutile ; que les tribunaux ferment ; que la police commence à disparaître, car elle n’a plus de travail et que l’on dise aux juges « allez vous trouver un nouveau job ! » Je suis un anarchiste d’une toute autre dimension. Que les gens soient préparés d’abord, ensuite les gouvernements disparaîtront d’eux-mêmes. Je ne suis pas en faveur de la destruction des gouvernements ; ils remplissent un certain besoin. L’homme est tellement barbare, tellement laid, que s’il n’était pas restreint par la force, toute la société s’écroulerait.

Je ne suis pas pour le chaos. Je désire que la société humaine devienne un ensemble harmonieux, une vaste commune recouvrant le monde entier : des gens en méditation, des gens sans culpabilité, des gens sereins, du silence ; des gens joyeux, dansant, chantant ; des gens n’ayant aucun désir d’entrer en compétition avec les autres ; des gens qui ont abandonné l’idée même qu’ils sont spéciaux et doivent le prouver en devenant président des États-Unis ; des gens qui ne souffrent plus d’un complexe d’infériorité pour qu’enfin personne ne désire être supérieur aux autres, que personne ne se vante de sa grandeur.

Le gouvernement s’évaporera comme la rosée du matin sous l’effet des premiers rayons de soleil. Mais cela est une toute autre histoire, une approche toute différente. Jusque-là nous avons besoin des gouvernements".


Osho, 2004, pages 84-85



Ceci est une citation d’Osho (1931-1991) tirée d’un livre intitulé Liberté : le courage d’être vous-mêmes. À ma connaissance, Osho n’a jamais rien écrit mais ses discours ont été publiés dans de nombreux livres. J’ai voulu citer ce passage pour deux raisons. La première c’est qu’Osho se nomme lui-même « anarchiste spirituel » en disant : « Je ne suis contre rien ni personne. Je ne veux pas que vous soyez libérés de quelque chose, je désire simplement que vous soyez libres. Vous voyez la différence ? La « liberté de » n’est jamais totale ; ce « de » l’emprisonne dans le passé. La « liberté de » ne peut jamais être une véritable liberté. » La seconde raison, c’est que sa vision de la liberté est très similaire à la mienne bien que les mots soient différents ; bien sûr le phrasé ne compte pas, ce qui importe c’est le phénomène en lui-même.


Osho a parlé de la différence entre la rébellion et la révolution. La rébellion selon lui est un acte spirituel, le processus d’accomplissement d’une liberté « intérieure ». La révolution, a contrario, porte sur l’acquisition de la liberté de quelque chose et, en ce sens, elle ne s’occupe que de liberté « extérieure ». Par essence, désirer la révolution dans le monde extérieur ce n’est rien d’autre que couper les mauvaises herbes qui repoussent toujours plus fortes ; tandis que la rébellion c’est arracher les racines de ces mauvaises herbes. C’est ce qui explique pourquoi la Révolution Communiste n’a jamais réussi à accomplir une véritable libération des masses ; l’ancien système de pouvoir et de contrôle a été simplement remplacé par un autre ; une élite est remplacée par une autre. Voilà le problème potentiel que je vois dans l’anarchisme ; à moins que les racines des conflits humains ne soient détruites, l’anarchisme ne peut qu’évoluer en un nouveau conflit, un chaos, et alors certains groupes décideront qu’ils doivent soumettre les autres et leur imposer un système de contrôle afin de protéger leurs propres intérêts ; afin de préserver leur propre survie. Voilà pourquoi je pense que l’anarchisme doit être nourri de connaissance de soi, nous devons apprendre et nous comprendre ; pourquoi agissons-nous comme nous le faisons ? Pourquoi devons-nous sans cesse argumenter et proclamer haut et fort que nos positions sont « justes » et que les autres sont « fausses » ? Avant de pouvoir vivre en harmonie avec les autres, nous devons tout d’abord apprendre à vivre en harmonie avec nous-mêmes. Bien sûr, cela semble très hypothétique et je ne fais que suggérer ce que je pense être une approche « meilleure », ou du moins alternative. Bien sûr, je ne suis pas parfait et j’ai encore beaucoup à apprendre à mon propre sujet ; j’ai encore une longue route à faire avant d’être en paix avec moi-même, mais j’y travaille !


Selon moi, le meilleur moyen de changer le monde est d’élever la conscience, ou comme le dit Osho ci-dessus « d’élever la conscience des êtres humains jusqu’au point où le gouvernement devienne une chose futile ». Nous devons d’abord commencer par nous-mêmes, commencer par enlever cette mauvaise racine qui plonge si profondément dans l’esprit humain, l’ego ; c’est de là que viennent tous les problèmes du monde ; c’est de la que naissent tous les désirs de pouvoir et de puissance ; c’est de là que vient le chaos. Tandis que notre connaissance de nous-mêmes croît, nous découvrons que notre connaissance de la réalité grandit, car il n’y a pas de séparation, il n’y a pas de différence ; la différenciation seule cause des problèmes. J’ai lu récemment un antique dicton de l’Orient : « on n’a pas besoin de savoir que l’océan a un goût de sel pour ne pas boire de toute son eau ». Lorsque nous commencerons à comprendre notre nature et celle du monde qui nous entoure, alors nous commencerons à comprendre la véritable nature de phénomènes tels que le capitalisme, le consumérisme et le libre marché. Nous commencerons à percevoir le vrai du faux. Comme Osho le dit, la liberté ne se trouve pas dans le combat, car être contre quelque chose implique de rester associé à cette chose, dans un sens négatif et donc l’on ne peut en être libéré. C’est pourquoi nous devons essayer d’élever la conscience de tous ceux qui nous entourent ; si les gens commencent en masse à comprendre ce qui est vrai ou faux, et à percevoir les effets désirables que les choses peuvent avoir sur eux, alors ils peuvent les laisser partir et ne plus en porter le fardeau. Le résultat sera que ces phénomènes, qui ont causé un si grand déséquilibre dans le monde, perdront leur pouvoir et mourront. Tous les systèmes rigides de pensée n’ont de pouvoir que parce que nous croyons en eux ; une fois que l’on cesse d’y croire, ils ne sont plus nourris par nous, ils dépérissent et meurent. Mon approche est de prendre soin du monde, pas de le contrôler ; dire aux gens comment je vois ces choses, mais sans attente ; l’attente n’est que le désir de contrôle. Il appartient à l’individu de prendre ce qui lui est utile et de laisser ce qui ne l’est pas. Voilà, je le crois, quelle est notre responsabilité.


Paix.


Source :
http://blog.morgane.org/?p=205

Traduction française par Spartakus FreeMann, 1er mai 2009 e.v. 

Par Myrddhin - Publié dans : Un peu de philo sans prétention
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Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /Sep /2009 20:27

Penchée sur ses notes, Mahsa peinait à se concentrer, en cette matinée d'été de l'année 1498. La touffeur de l'air... Cette humidité, dont le voile spectral enveloppait fréquemment la lagune, en cette saison, la rendant mélancolique... Ce rêve dont elle se souvenait par bribes... Pour la troisième fois, elle parcourut la liste des herbes nécessaires à la concoction de l'onguent. Quatre cent cinquante grammes d'achillée, deux cent vingt grammes d'inule, cent grammes de sauge... Elle saisit l'un des bocaux disposés sur l'étagère murale, en ôta le couvercle, s'empara ensuite d'une des deux balances qui trônaient sur le bureau, puis plaça celle-ci près du récipient. Le bout de ses doigts posés sur les bords de ce dernier, son regard en fixa le contenu.

"Suivez-moi... ", s'entendit-elle alors murmurer.

Un rire accueillit son invitation, puis se brisa aussitôt dans un soupir.

L'instant d'après, un souffle frôla le lobe de son oreille gauche.

"Si seulement je pouvais vous atteindre... ", chuchota-t-il.

Elle sentit une main effleurer sa hanche, s'y attarder un peu, comme hésitante...

Au creux de sa nuque, l'esquisse d'un baiser tout en retenue.

Basculant la tête vers l'arrière, elle ferma les yeux.

Lorsque le souffle s'insinua une nouvelle fois au creux de son oreille, elle se raidit pour réprimer le frisson qui la parcourait.

"Si seulement je pouvais vous atteindre... ", insista-t-il.

Lentement, la main quitta sa hanche, remonta le long de son flanc, puis s'aventura jusqu'à son ventre, contre lequel elle accentua sa pression.

Immédiatement, Mahsa repoussa celle-ci et se déroba, déclenchant un éclat de rire, qui la fit blêmir. Se retournant pour en avoir le coeur net, elle vit alors une ombre se précipiter, dans un froissement d'étoffes, vers une porte située plus loin. Une fois parvenue devant celle-ci, l'ombre se retourna à son tour, mais impossible d'en distinguer les traits, à cette distance, aussi Mahsa entreprit-elle d'avancer sur ses traces.

Lorsqu'elle n'en fut plus qu'à quelques mètres, ce qu'elle devina la laissa interdite.

"Sansarina... ?", réussit-elle à articuler, au bout de quelques secondes.

"Cela vous surprend-il réellement... ? ", lui répondit la jeune femme.

Sur ces mots, elle esquissa une révérence, fit volte-face et disparut dans l'obscurité de la pièce attenante. A l'instant où Mahsa s'apprêtait également à en franchir le seuil pour se lancer à sa poursuite, la porte se referma.

En reprenant ses esprits, elle s'aperçut alors avoir renversé le bocal, dont le contenu s'était éparpillé sur le bureau.


@Myrddhin (texte sous copyright)

Par Myrddhin - Publié dans : Textes
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Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /Sep /2009 12:13


Une dose de dopamine aurait le même effet sur l'apprentissage que la promesse d'une récompense, elle-même plus efficace (au moins dans certains cas) que la menace d'une punition. Ou quand les scientifiques se livrent à de drôles d'expériences... 


Ce qui est pris n'est plus à apprendre

On savait que l'appât du gain pouvait rendre riche, radin, insensible ou même dingue. Mais depuis un an et la publication des tribulations d'une poignée de savants européens (1), on sait qu'en plus de tout le reste, l'appât du gain peut aussi faciliter l'apprentissage ou transformer le quidam du coin en résistance électrique intelligente, c'est-à-dire en être capable de répondre à cette impérieuse question : des deux courants électriques qui vont incessamment traverser vos mains gauche et droite, lequel a la fréquence la plus élevée ?

Le cobaye doit alors se concentrer, supporter les décharges, jauger les dixit courants et répondre. S'il a raison, il reçoit la somme d'argent qu'on lui a promise auparavant. Dans le cas contraire, il fait chou blanc. Ce test, effectué seize fois de suite par individu, a montré qu'à ce petit jeu, les cobayes apprennent beaucoup plus vite si on leur promet une récompense financière. Mieux, plus la récompense promise est élevée, plus ils apprennent vite*. Un résultat qui en dit long sur la nature humaine mais qui, surtout, avalise l'ancestrale technique de la carotte dans l'apprentissage.


Les dessous du mécanisme

Pour autant, pas de quoi satisfaire l'esprit, toujours en éveil, des chercheurs... Aussi ont-ils décidé de passer à nouveau des électrodes aux doigts de cobayes un tantinet vénaux. Mais cette fois, en plus de la promesse d'une rétribution financière, les sujets ont dû avaler une heure avant l'expérience, un cachet (2) soit de levodopa (une substance permettant d'augmenter le taux d'un neurotransmetteur appelé « dopamine » dans le cerveau), soit de l'haloperidol (une substance qui, à l'inverse, permet de bloquer l'action de la dopamine), soit d'une substance placebo.

Les résultats (3) montrent que la levodopa augmente encore la vitesse d'apprentissage des sujets quand l'haloperidol annihile tout effet de la récompense... et tout espoir d'enrichissement pour le cobaye. L'amélioration de la vitesse d'apprentissage observée dans le contexte de la récompense passerait donc par le circuit physiologique de la dopamine. Cette substance ne pourra néanmoins pas être prescrite pour doper la vitesse d'apprentissage d'individus sains, le traitement par des substances dopaminergiques pouvant s'accompagner d'effets secondaires sérieux.


Punir ou récompenser ?

À défaut de pilules miracles, il est toujours possible de se rabattre sur la bonne vieille technique « éducative » dite « de la carotte et du bâton ». Enfin plutôt « de la carotte ». En s'intéressant cette fois non plus à l'apprentissage mais aux principes de la coopération à l'échelle d'une société, une équipe internationale (4) vient de montrer qu'à tout prendre, récompenser les bonnes actions ou les réussites était un meilleur calcul que de punir les faux-pas ou les échecs. D'après leur résultat, récompenser devrait être la règle et punir, l'exception nécessaire...


Viviane Thivent


Notes :

(1) B. Pleger et al., J. Neuroscience 28, 8161, 2008

(2) La levodopa est utilisée, entre autres, dans le traitement de la maladie de Parkinson et l'haloperidol dans le traitement des psychoses.

(3) B. Pleger et al., Plos Biology, juillet 2009.

(4) D. Rang et al., Science, 4 septembre 2009


Source : http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/science_actualites/sitesactu/question_actu.php?langue=fr&id_article=12763&id_mag=0

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Vendredi 11 septembre 2009 5 11 /09 /Sep /2009 10:56
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